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L'Iran frappe des installations énergétiques dans le Golfe et menace d'intensifier ses représailles
information fournie par AFP 19/03/2026 à 01:19

Le champ gazier de South Pars, en janvier 2014 ( AFP / Behrouz MEHRI )

Le champ gazier de South Pars, en janvier 2014 ( AFP / Behrouz MEHRI )

L'Iran a ciblé des installations énergétiques dans plusieurs pays du Golfe et menacé d'intensifier ses tirs si son secteur énergétique était de nouveau visé par Israël ou les Etats-Unis, faisant craindre jeudi une nouvelle envolée du pétrole.

Le conflit, qui a fait en presque trois semaines plus de 2.200 morts, en grande majorité en Iran et au Liban, selon les autorités, embrase le Moyen-Orient et inquiète le monde entier, en particulier pour ses conséquences sur l'économie et l'approvisionnement en hydrocarbures.

Et ce d'autant plus que le détroit d'Ormuz, par lequel transite en temps normal un cinquième du commerce mondial d'hydrocarbures, est quasiment paralysé.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont menacé mercredi soir d'intensifier leurs frappes si le secteur énergétique iranien était de nouveau visé, après une attaque contre une installation gazière iranienne majeure dans le Golfe.

"Si cela se reproduit, les attaques contre vos infrastructures énergétiques et celles de vos alliés ne cesseront pas avant leur destruction totale et notre riposte sera bien plus sévère que les attaques de cette nuit", ont-ils affirmé dans un communiqué.

A titre de représailles, l'Iran avait précédemment lancé mercredi soir une série de frappes visant des installations énergétiques dans le Golfe.

Elles ont notamment touché le Qatar, qui a fait état de "dégâts considérables" sur sa principale installation gazière, dénonçant "une menace directe à sa sécurité nationale" et ordonnant l'expulsion de deux diplomates iraniens.

Les autorités saoudiennes ont elles annoncé que cinq drones s'approchant d'une installation énergétique avaient été interceptés dans l'est du pays, et fait état de la chute d'un débris de missile près d'une raffinerie au sud de la capitale, Ryad.

- Préserver les civils de "l'escalade militaire" -

L'Iran a ainsi mis ses menaces à exécution après l'incendie dans "certaines parties des installations gazières" de South Pars/North Dome, le plus grand gisement de gaz naturel du monde, provoqué selon Téhéran, par des "frappes de l'ennemi américano-sioniste".

"Une logique de loi du talion est désormais en vigueur et un nouveau niveau de confrontation a commencé", a averti le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf.

L'armée israélienne a gardé le silence sur cette attaque, dont les Etats-Unis ont été informés, mais à laquelle ils n'ont pas participé, selon des sources officielles américaines.

Le président français Emmanuel Macron a proposé jeudi un moratoire sur les frappes contre les infrastructures civiles au Moyen-Orient, notamment énergétiques, disant avoir échangé avec le président américain Donald Trump et l'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani.

"Il est d'intérêt commun de mettre en œuvre sans délai un moratoire sur les frappes ciblant les infrastructures civiles, en particulier les infrastructures énergétiques et hydrauliques", a-t-il affirmé sur X, appelant à ce que les populations soient "préservées de l'escalade militaire".

- Funérailles de Larijani à Qom -

Dans le même temps, la liste des dirigeants iraniens tués par les Etats-Unis et Israël continue à s'allonger, depuis la mort du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, au premier jour de la guerre le 28 février.

Après le puissant chef de la sécurité Ali Larijani, le ministre du Renseignement Esmaïl Khati a été tué mercredi, lui aussi dans une frappe revendiquée par Israël.

Cette "série d'éliminations" ne "cessera pas", a assuré Israël, qui a promis le même sort à Mojtaba Khamenei, désigné le 8 mars comme successeur de son père, mais qui n'est pas apparu publiquement depuis.

Le chef du Conseil suprême de sécurité nationale iranien Ali Larijani (g) et Hassan Khomeini, petit-fils du fondateur de la République islamique, le 9 janvier 2017 à Téhéran ( AFP / ATTA KENARE )

Le chef du Conseil suprême de sécurité nationale iranien Ali Larijani (g) et Hassan Khomeini, petit-fils du fondateur de la République islamique, le 9 janvier 2017 à Téhéran ( AFP / ATTA KENARE )

Dans un message écrit, le nouveau guide suprême a rendu hommage mercredi à Ali Larijani, dont les funérailles sont prévues jeudi dans la ville sainte de Qom, et promis de le venger.

Un texte sans photo ni vidéo qui ne dissipe pas les spéculations sur son état: des responsables américains et israéliens disent Mojtaba Khamenei "défiguré", d'autres blessé à la jambe.

"Leur chaîne de commandement est en train de se faire déchiqueter", a assuré un haut conseiller de la Maison Blanche, Stephen Miller, sur Fox News, affirmant que l'objectif des Etats-Unis était d'anéantir les capacités de nuisance de l'Iran.

Conséquence immédiate des frappes visant des installations énergétiques: les prix du pétrole sont repartis à la hausse.

Le président américain Donald Trump, sur la base militaire de Dover, aux Etats-Unis, le 18 mars 2026 ( AFP / Jim WATSON )

Le président américain Donald Trump, sur la base militaire de Dover, aux Etats-Unis, le 18 mars 2026 ( AFP / Jim WATSON )

Afin de tenter de contenir cette flambée des cours, l'administration Trump a suspendu certaines restrictions sur le transport de carburant.

Ce choc énergétique majeur a des conséquences très concrètes à travers le monde: la compagnie aérienne SAS a dit annuler au moins un millier de vols en avril, quelques jours après avoir déjà augmenté ses tarifs, et l'Italie a adopté un décret pour réduire les prix du carburant.

Au Liban, deuxième principal front de la guerre, Israël poursuit son offensive contre le mouvement chiite pro-iranien Hezbollah, qui a déjà fait plus d'un million de déplacés.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé se rendre jeudi dans le pays afin de manifester le "soutien et de la solidarité de la France avec le peuple libanais, entraîné dans une guerre qu'il n'a pas choisie".

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40 commentaires

  • 18 mars 23:52

    Dans une guerre ou l'on veut s'en prendre au système énergétique de l'ennemi, je ne suis pas certain que l'éolien soit une bonne idée....


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